Édition 2024RAPPORT DE SYNTHÈSE30-31 Juillet 2024ED-SHS

Salle des actes du Rectorat

Introduction
La doctoriales de l’interlaboratoire en sciences sociales sur les sociétés africaines se
sont déroulées les 30 et 31 juillet 2024 à la salle des actes du rectorat de l’université
Gaston Berger de Saint-Louis. Cette activité visait un double objectif scientifique et
pédagogique : 1) renforcer la formation des jeunes chercheurs et 2) offrir un cadre
d’échange interdisciplinaire et interuniversitaire. Elle a vu la participation de
l’ensemble des composantes de la formation doctoriale en sciences de l’Homme et de
la société (encadrants, doctorants, professionnels, etc.) parmi lesquels les laboratoires
des universités (UGB, UCAD, UAM, UNCHK, UASZ) au Sénégal. Les travaux sont
répartis en huit sessions.
Elle a bénéficié du soutien technique et financier de l’UFR LSH, de l’Ecole Doctorale
ED-SH et des laboratoires GESTES, GERM et URIC. Ce rapport est structuré autour
d’un plan de trois parties qui résume : 1) les défis de la recherche en sciences sociales,
2) les résultats de la recherche produits par les chercheurs séniors et 3) les recherches
en cours des dorctorant.es sur des thématiques de développement, du travail et de la
famille (employabilité, la migration et la santé, en lien avec les politiques publiques).

  1. Enjeux et défis de la formation des jeunes chercheurs en sciences sociales
    Dans cette partie, les travaux ont mis l’accent sur les enjeux liés à la formation des
    jeunes chercheurs au sein des laboratoires et les enjeux liés à la valorisation de la
    recherche en sciences sociales.
    Session 1 : Cérémonie d’ouverture
    La cérémonie d’ouverture présidée par le Monsieur le Recteur, Professeur Magatte
    Ndiaye a accueilli le directeur de l’UFR LSH, le Professeur Djidjack Faye, le Directeur
    du CROUS, monsieur Babacar Diop, le directeur de l’école doctorale le Professeur
    Boubacar Camara, le responsable de la formation doctorale en sociologie, le Professeur
    Aly Tandian, la coordinatrice de l’interlaboratoire, la Professeure Fatou Diop Sall et le
    coordonnateur du collectif des doctorants de l’UGB, Cheikh Mbengue.
    Au cours de cette cérémonie, les autorités ont magnifié la création de l’interlaboratoire
    en sciences sociales à travers l’organisation des doctoriales qui a réuni 5 universités du
    Sénégal et plus de 10 laboratoires de lettres et sciences humaines. La cérémonie a
    permis de rappeler les défis de l’enseignement supérieur en matière de recherche liés
    notamment à la formation des (jeunes) chercheurs et à la vulgarisation de la recherche.
    Les autorités de l’université (Rectorat, Formation doctorale et UFR) ont rappelé les
    enjeux en matière de rationalisation des ressources pour financer les activités des
    fédérations de laboratoires. L’enjeu de la transmission et du renouvellement
    intergénérationnels de la recherche est évoqué pour redynamiser les laboratoires. En
    plus de donner aux doctorants l’opportunité de présenter leurs travaux et de recueillir
    les orientations de professeurs de différentes universités et spécialités en sciences
    sociales (objectif 1), cette activité contribue à l’amélioration de la qualité de la


recherche et des services rendus à la communauté. Les autorités ont encouragé de
dialogue entre les laboratoires et la vulgarisation des doctoriales en sciences sociales
dans l’espace universitaire.
Session 2 : Plénière chercheur.es séniors des laboratoires
Le panel est modéré par le Docteur Bouna Ameth Fall (CRAC). Il a accueilli trois
chercheurs séniors en sociologie professeur.es Fatou Diop Sall (GESTES), Professeur
Ibou Sané (URIC) et Professeur Lamine Ndiaye, directeur de l’institut Confucius de
l’UCAD. Au cours de ce panel, les intervenants ont mis l’accent sur l’intérêt de la
transversalité disciplinaire et méthodologique pour promouvoir une recherche
ouverte et une formation de qualité pour les jeunes chercheur.es. À cet égard,
l’intégration progressive du genre comme thématique transversale est encouragée dans
les recherches doctorales et au sein des cadres d’échanges transversaux, à l’instar de
l’interlaboratoire.
Les débats ont suscité des échanges sur la relation entre le militantisme et la recherche.
Tout en étant sensible aux risques d’instrumentalisation idéologique, la recherche a
besoin d’être articulée au militantisme pour surmonter les résistances universitaires au
changement et faire jouer un plus grand rôle à la recherche dans le processus de
développement. Face au manque de cadre d’espace d’accueil des doctorants et de
dialogue interdisciplinaire, deux pistes sont proposées : la lecture et l’écriture. Pour
promouvoir une recherche déconfinée, la vulgarisation des recherches au grand public
est encouragée.
Session 3 : Table ronde des directeurs des laboratoires/dialogue interlaboratoire
Animée par le directeur de l’Ecole Doctorale en sciences de l’homme et de la société,
le professeur Boubacar Camara, cette plénière a accueilli les directeurs des laboratoires
suivants qui ont tour à tour présenté leur structure et échangé sur la formation des
doctorants : Professeur.es Babacar Dieng (LARAC), Mor Faye Lab-Métics, El Hadj
Malick Sy Camara (LASAP), Sadio Ba Gning, (GESTES), Ibrahima Bao (URIC), Aly
Tandian (GERM), Kalidou Sy (GRADIS), Boubacar Camara (GELL), Benoît Tine
(LARSES).
Cette plénière a permis d’identifier un dénominateur commun aux laboratoires de
lettres et de sciences humaines. Il part d’un constat déjà établi qui concerne non
seulement l’émiettement des thématiques et des laboratoires dans la production et la
vulgarisation de la recherche, mais aussi et surtout l’identification de défis communs.
Parmi lesquels, la faiblesse voire le manque de ressources et de moyens pour l’accueil
et la formation des doctorants.
Pour relever ces défis, les recommandations abondent dans le sens de
l’institutionnalisation de la transversalité. Elle pourrait s’appuyer sur la culture des
réseaux des chercheurs pour renforcer la composition des équipes, la formation des
chercheurs sur la veille stratégique. Quelques pistes identifiées :

  • Le renforcement des capacités des chercheurs (jeunes et séniors) en montage de
    projet transdisciplinaires apparaît comme une condition. Il est proposé à ce
    propos, le modèle des « Educational session » pour les doctorants.
  • La mutualisation des ressources des laboratoires pour surmonter la faiblesse des
    moyens financiers est une recommandation.
  • Pour redynamiser les laboratoires, il est proposé le renouvellement
    intergénérationnel des ressources humaines au sein des équipes de même que la
    définition de champs de réflexion et de méthodologies transversales dans
    l’interlaboratoire, à travers l’organisation d’événements scientifiques
    pluridisciplinaires (colloques).
  • Pour une meilleure valorisation/vulgarisation au grand public et dans l’espace
    universitaire, la digitalisation à travers la numérisation de la production
    scientifique et l’utilisation des médias numériques est ainsi perçue comme une
    opportunité pour promouvoir le modèle université « extra muros » et délocalisé.
    La numérisation d’une banque de données pour donner un plus accès et visibilité
    aux travaux des chercheurs dans les laboratoires est encouragée. De même que
    la mise en place d’une plateforme numérique d’échanges des activités et
    l’organisation de séminaires en sciences sociales en ligne pourraient être
    envisagées (avec possibilité d’une programmation annuelle incluant des
    sessions de formation pour les doctorant.es).
  • Au niveau de la gouvernance, le renforcement des moyens de l’école doctorale,
    en s’appuyant sur la contribution des DIP (10%) et des UFR (5%) est nécessaire
    pour valoriser et visibiliser la recherche produite dans les laboratoires.
    Conclusion de la journée du 30 juillet
    Les travaux de la première journée ont mis l’accent au plan pédagogique sur les défis
    de la recherche et de la formation des jeunes chercheurs. Au plan scientifique, en plus
    de réitérer l’intérêt du dialogue entre les laboratoires et de l’institutionnalisation de la
    transversalité disciplinaire et méthodologique, les échanges ont permis de faire l’état
    des lieux sur les défis auxquels sont confrontés les laboratoires (émiettement, faiblesse
    des ressources, valorisation scientifique, vulgarisation) et de formuler des
    recommandations qui visent l’amélioration de la formation des chercheurs (jeunes) en
    particulier, la gouvernance de la recherche et la vulgarisation.
    En outre, les présentations des travaux des doctorant.es ont suscité des échanges sur des
    aspects théoriques et méthodologiques qui abondent dans le sens de la déconstruction
    des savoirs (objets, concepts, terrains coloniaux).

  1. Échanges sur les résultats des chercheurs séniors
    Les doctoriales de l’interlaboratoire ont offert un cadre d’échange entre les doctorants
    et les chercheurs séniors sur les recherches en cours dans les différents laboratoires. Les
    sessions thématiques sont articulées autour de trois axes comme suit :
    2.1 : Plénières thématiques multi acteurs.
    Axe 1 : Travail, autonomie, employabilité et politiques publiques
    Les professeurs Amadou Ndiaye (UAM) et Sambou Ndiaye (ARUT) ainsi que
    Monsieur Demba Diop (URIC) ont présenté respectivement des communications qui
    évaluent les politiques agricoles, les politiques d’insertion par l’emploi salarié et
    l’entrepreneuriat. La plénière a permis de réfléchir sur la dynamique des politiques
    publiques au Sénégal par rapport à la dualité de l’économie (formelle et informelle), à
    la fiscalité agricole, la formation des jeunes par rapport au marché de l’emploi, les
    inégalités de genre et les disparités territoriales sur les politiques d’entrepreneuriat.
    Les échanges ont mis l’accent sur la nécessité de construire un langage de la
    décolonialité pour appréhender l’informel, la jeunesse, les politiques d’entrepreneuriat
    mis en cause à travers la logique de projets-programmes et l’absence d’intérêt de
    l’échec et l’efficience des politiques d’emploi.
    Axe 2 : Corporéité, Santé, alimentation, Territoires
    La plénière est animée par le professeur Elhadj Malick Sy Camara (LASAP) qui campe
    le décor sur les différentes approches de la corporéité et leur ancrage disciplinaire dans
    la sociologie et l’anthropologie (corps social, l’individuation des corps, corps terrain)
    et la centralité du corps et ses liens à la santé. L’intervention de professeur Sara Ndiaye
    (GESTES) comporte un bilan théorique axé sur la situation anomique de la société (le
    corps social malade) sur la base d’un constat de société contrastée et précarisée.
    L’intervention de Docteure Tatiana Mbengue (GERM) est axée sur l’utilisation de la
    pilule du lendemain et le contrôle social des corps féminins avec la médicalisation et la
    pharmaceutisation. La présentation a montré le rôle invisibilisé des hommes dans les
    logiques d’appropriation de la contraception. Elle montre les logiques
    d’autonomisation sexuelle négociée pour les jeunes, le contrôle social du corps de la
    femme, les logiques d’appropriation et la revanche des contextes (Olivier de Sardan).
    Parmi les apports des travaux des doctorants, on peut évoquer l’héritage et la
    transmission intergénérationnelle des thématiques de recherche.
    Axe 3 : Migration et transformations économiques et sociales
    Animé et discuté par le professeur Hein de Hass de l’université d’Amsterdam, ce panel
    a accueilli trois intervenants :
    Professeur Aly Tandian (GERM) aborde les imaginaires populaires de la migration et
    de la réussite. Il évoque la prédominance du discours masculin sur la migration.
    Professeur Aly Tandian analyse la migration comme un fait social où la communauté


(la pression sociale) joue un rôle important. Entre autres, il rappelle la place des femmes
dans l’histoire des femmes et des enfants.
Professeure Angèle Flora Mendy met le focus sur les discours politiques autour de la
migration des professionnels africains. Elle revient sur le questionnement qui avait
guidé sa thèse, la migration des diplômés qualifiés dans les années 1990. Deux points
sont abordés 1) les discours normatifs sur la migration et les transformations
économiques et sociales.
La migration développement est un processus intrinsèque de la globalisation. Elle
transforme et développe la société. Professeure Mendy soutient une vision positive de
la migration. 2) Dans la deuxième partie de son exposé, elle analyse la relation entre
migration et politiques publiques : pour elle deux narratifs sont à déconstruire : la
limitation de la mobilité des personnels africains hautement qualifiés véhiculés par les
politiques occidentales sur les professionnels de santé. Cette vision basée sur une fausse
idée consiste à penser que ce sont des pauvres qui migrent. Or l’histoire de ce qu’on a
appelé la « Fuite des cerveaux » a commencé depuis 1947 en Angleterre.
Sa conclusion nourrit la perspective d’une déconstruction de ces idées reçues qui
tendent à imposer la sédentarisation aux Africains : « La migration n’est pas un
problème, mais une solution ».
Professeur Ousmane Ngom (LARAC), à travers différentes figures de la migration dans
les œuvres littéraires (roman et nouvelles) africaines analyse l’imaginaire et la
subjectivité de la migration. Il montre que la migration est congénitale à la littérature
africaine. Ces œuvres mettent en évidence les dynamiques de la migration. La longévité
de la migration dans la littérature sénégalaise. Comment l’émigré est perçu et se perçoit.
Les imaginaires qui sous-tendent la construction des discours sur la migration (romans,
nouvelles, etc.). Théories de la migritude et migrance. Mythe et imaginaires en faveur
de la migration. Il aborde les représentations féeriques de l’occident à travers
l’héroïsation de l’émigré (71000 tirailleurs sénégalais). Professeur Ousmane Ngom
rappelle la conception senghorienne (lui-même tirailleur). Les héros de la guerre
reviennent au pays. Sacrifice et mystification. Imaginaire entretenu par l’école. Le
voyage comme alternative, pour être, se réaliser et se venger de la société. Migrance
(migrer sans destination précise).
La culture de la sutura et de l’apparence vidée de leur sens et extravertie est mobilisée
dans les discours de la migration pour justifier la réussite. Il évoque le secret autour de
la construction fantasmée de la réussite. « Partir pour grandir, revenir pour bâtir »
Daradji family. L’espace d’origine (décrit comme un enfer) et l’ailleurs (hétérotopie)
qui se transforme en utopie. L’anonymisation, le confinement et l’oppression Chanson
El Hadj Diouf « Deukkoulofi » (El’hadj Diouf). Samba (Wassis Diop) (le déni de
l’espace moral et temporel). Espoir, désillusion, réconciliation.
Ce panel a permis de montrer l’intérêt du décloisonnement et de la convergence des
pôles pour déconstruire les discours sur la migration. Ces discours qui pathologisent et


qui criminalisent la migration. La cause de la migration pose la question du recrutement
d’une main-d’œuvre bon marché.
La migration relève d’un processus de développement. La pauvreté ne permet pas la
migration (capital financier, capital social, familial, éducation, etc.). La migration n’est
pas économiquement motivée. Le mythe de la sédentarité à déconstruire.
Renormalisation de la migration pour en faire un vecteur de développement. Le
discours de la migration appartient au mouvement du 14e siècle qui a motivé la
colonisation par l’Europe. Le problème de la migration c’est celui du travail gratuit.

  1. Présentation travaux doctorant.es
    Les jeunes chercheur.es des différents laboratoires de sciences sociales des universités
    ont été amenés à présenter leurs travaux en cours et à échanger avec le parterre de
    chercheurs présents à ces rencontres.
    Axe 1 : Travail, autonomie, employabilité et politiques publiques
    La session est présidée par le Professeur Mouhamedoune Ablaye Fall qui a accueilli
    trois intervenant.es : Modou Niang (URIC), Marie Thérèse Daba Sène (URIC), Aliou
    Badou Sarr (LARSES), Demba Diop (URIC). La première présentation a mis l’accent
    sur les dynamiques et les contraintes à l’autonomisation des organisations paysannes
    (ASESCAW) dans la vallée du fleuve Sénégal. La deuxième analyse l’autonomisation
    des femmes dans le maraîchage agroécologique dans la région de Fatick. Parmi les
    contraintes de l’autonomie, Modou Niang met l’accent sur la (dé)patrimonialisation à
    travers le phénomène bureaucratique pour questionner la durabilité des organisations
    paysannes. Marie Thérèse Sène analyse les rapports de pouvoir et l’accès aux
    ressources financières et foncières pour les femmes entrepreneures. La troisième aborde
    les effets de la résidentialisation dans le secteur du tourisme au Sine Saloum. Enfin la
    présentation des travaux de Demba Diop a porté sur les mutations du marché du travail
    et l’insertion professionnelle des jeunes au Sénégal : entre perception d’impact et
    d’innovation des politiques publiques par les différents acteurs et stratégies
    individuelles et collectives de positionnement des diplômés de l’UGB.
    Axe 2 : Corporéité, Santé, alimentation, Territoires
    Deux sous parties sont identifiées dans cet axe.
  2. Corporéité, alimentation et santé publique
    Cette plénière présidée par le professeur Sara Ndiaye, a accueilli trois intervenants :
    Abdou Ndiaye (LABAAM), Modou Diouf (URIC), Ameth Ba (ARUT).
    Les présentations évoquent de manière transversale la sociologie de l’alimentation et
    de la maladie à travers le diabète et un processus d’innovation, le prototypage dans
    l’alimentation. Le diabète est appréhendé ici comme une problématique de santé
    publique sous le prisme de l’alimentation et de la corporéité. Ces travaux ont rappelé


l’importance des évidences scientifiques pour construire des politiques publiques
pertinentes. Cette séance a rempli des fonctions pédagogiques, à travers les
observations formulées par les chercheurs séniors pour améliorer les communications
des doctorants en matière de présentation, formulation et de contextualisation de leur
sujet. Dans ce cadre, l’encadrement rapproché est encouragé pour mieux articuler les
questions de recherche aux champs de la sociologie. Cette session a montré les
passerelles et la complémentarité entre les recherches en sociologie, en littérature et en
agronomie notamment à travers les présentations des travaux doctorants sur les
corporéités et la santé publique. L’articulation de la science fondamentale et la
recherche appliquée.

  1. Corporéité, la santé sur les territoires
    Avec la modération du professeur Aly Tandian (GERM), ce panel a accueilli trois
    intervenants. Oumar Watt (GESTES), Philippe Ndiaga Ba (LARSES), Alassane Sané
    (LARSES). Les thématiques abordées concernent la prise en charge des enfants dans la
    rue) ; le tourisme de santé dans la basse Casamance (Health friendly tourisme porté par
    les associations de Médecins (accès gratuit, consultation gratuite). La communication
    sur le viol de Alassane Sané en Casamance a montré le contrôle des hommes sur les
    corps féminins dans les familles (perception de la femme violée) et les rapports de
    pouvoirs entre hommes et femmes dans la gestion des situations de viol. Les
    observations des chercheurs séniors sur les travaux des doctorants ont relevé
    l’importance de la prise en compte des critères de différenciation (âge social et le sexe)
    et de la décolonisation des concepts (enfance). Pour la valorisation, il est relevé
    l’importance de connaître et d’analyser la logique des acteurs, et des apports de la
    recherche dans la production des politiques publiques touristiques et dans la promotion
    de la recherche appliquée.

Axe 3 : Migration et transformations économiques et sociales

Trois intervenants, trois terrains (France, Sénégal, Mauritanie) dans ce panel modéré
par Dr Abdourahmane Seck (CRAC). Maguette Wade (Leidi) a abordé la sociologie
contemporaine des migrations à Saint-Louis, à travers les corps féminins et de la
territorialité (néoruraux, l’inter-territorialité et rurbanisation). Il aborde la
transformation de la ruralité et la pression urbaine sur l’autonomisation des jeunes et
des femmes, l’occupation de l’espace et de la migration. Sambarou Kandé construit son
objet de recherche sur les pratiques de mobilités (déplacements quotidiens) dans un
contexte de changement de paradigme sur les mobilités en France. Khalifa
Mbow analyse les nouvelles dynamiques familiales dans l’accès aux services de base.
Il montre les effets des politiques publiques sur les dynamiques familiales (divorce au
grand âge des femmes) et d’autonomisation et les rapports de genre. Moussa Yoro
Ndiongue pour sa part questionne le travail domestique en Mauritanie, à travers les
conditions de travail, la protection sociale des employés de maison.


Les réflexions générales sur ces différentes présentations encouragent les doctorants à
revisiter les recherches produites sur le continent et à déconstruire les cadres théoriques
en prenant en compte les enjeux épistémologiques (la mise en cause des savoirs
coloniaux, travail de déconstruction, catégories occidentales, enfance, jeunes, jeunes
discours sur les politiques publiques migratoires, d’entrepreneuriat.) et à faire preuve
de réflexivité transversale.


Conclusion de la journée du 31 juillet
Les travaux des chercheurs et des doctorants pendant la seconde journée ont été axées
sur plusieurs thématiques (Travail, emploi, migration, santé et politiques publiques).
En plus d’avoir favorisé des échanges intéressants sur les sujets des doctorants et les
thématiques transversales disciplinaires, ces panels ont rempli des fonctions
pédagogiques. Les chercheurs séniors ont formulé des observations aux doctorants leur
permettre d’améliorer leur travaux en ce qui concerne la présentation, la formulation et
la contextualisation de leur sujet, tout en les sensibilisant sur les enjeux
épistémologiques importants de la déconstruction des objets de recherche.

Conclusion générale et recommandations
Face aux différents enjeux et défis de la recherche en sciences sociales, les doctoriales
de l’interlaboratoire en sciences sociales ont été une occasion privilégiée pour engager
une dynamique transversale de co-construction de la recherche. Ces rencontres
scientifiques ont rempli un double objectif qui consistait d’une part à renforcer la
formation des jeunes chercheurs et d’autre part à favoriser un dialogue interdisciplinaire
entre différents laboratoires et chercheurs des universités au Sénégal. Au terme de ces
doctoriales quelques conclusions peuvent être tirées.
L’articulation de la science fondamentale et la recherche appliquée et le dialogue
interdisciplinaire comportent une plus-value pour consolider les passerelles dans les
recherches en sciences sociales à différents niveaux. Sur le plan de la gouvernance de
la recherche, elle permet de renforcer la masse critique dans les équipes. Sur le plan
scientifique, ces doctoriales ont montré l’intérêt du décloisonnement et de la
convergence des pôles pour déconstruire les discours sur des thématiques de recherche
diverses (jeunesse, entrepreneuriat, emploi, migration, la maladie, l’alimentation, les
politiques publiques). Sur le plan pédagogique, l’encadrement rapproché des jeunes
chercheurs ouvert aux autres disciplines de sciences sociales est un atout considérable
pour contribuer à la décolonisation des savoirs produits en et sur l’Afrique. Il appelle à
la prise en compte des enjeux épistémologiques sur la construction et la formulation
des sujets de recherche.
En vue de promouvoir la recherche en sciences sociales et la formation des jeunes
chercheur.es les recommandations formulées à l’issue de ces deux jours de travaux
peuvent être résumées en 4 points. Pour accompagner l’institutionnalisation de la
transversalité thématique et méthodologique, promouvoir les cadres d’échanges
pluridisciplinaires, les chercheurs des différents laboratoires de sciences sociales
recommandent

  • la mise en place d’un “Fonds de souveraineté” de la recherche pour surmonter
    la faiblesse des moyens des laboratoires, favoriser la valorisation et la
    digitalisation des résultats de la recherche dans les espaces scientifiques et au
    grand public;
  • Le renforcement et la promotion des interlaboratoires pour réfléchir sur des
    thématiques transversales et la vulgarisation (banques de données), organiser
    des activités communes, définir des programmes communs annuels. Ces cadres
    pourront ainsi contribuer à relever les défis de la recherche au sein des
    laboratoires mixtes et renforcer les dynamiques (individuelles et de réseaux)
    existants ;
  • la promotion de la recherche-développement dans les interlaboratoires pour
    favoriser la contribution des sciences sociales dans la formulation des politiques
    publiques en vue d’adresser les questions d’employabilité, de migration et de la
    sécurité alimentaire (l’agriculture, l’élevage et la pêche).

  • Le renforcement des capacités des chercheurs (jeunes et expérimentés) à travers
    la promotion de l’éducation collaborative (session de formation des doctorants)
    pour favoriser l’autonomisation de la recherche en sciences sociales en
    encourageant la déconstruction des savoirs (objets, concepts, cadres théoriques
    et d’analyse).

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